Deux nouveaux mouvements extra-plats présentés à l’EPHJ 2019

Vaucher Manufacture Fleurier élargit sa gamme de mouvements extra-plats et son offre de développement complications et modules pour répondre aux besoins de différenciation des marques horlogères

Vaucher Manufacture Fleurier lance deux nouveaux designs de son calibre phare extra-plat avec micro-rotor Seed VMF 5401. Contemporain ou classique, présentés à l’EPHJ 2019, les deux mouvements sont construits sur la base d’une même architecture et viennent élargir la gamme de VMF avec de nouvelles propositions esthétiques.

Classique ou contemporain, à chaque montre son mouvement

Takahiro Hamaguchi, Directeur du Développement et de la Production, explique cette démarche par une volonté de proposer davantage de choix correspondant aux tendances actuelles : « Nous remarquons que les modèles des micro-marques sont très affirmés qu’ils soient très classiques, hyper techniques voire avant-gardistes. Nous souhaitons ainsi nous rapprocher davantage de leurs besoins car elles ne peuvent pas accéder au service de personnalisations poussées accessible dès 150 pièces ». En mettant notre savoir-faire de personnalisation à la création de variantes de mouvements au profit des marques de petites tailles, notre manufacture propose un choix plus large de combinaisons esthétiques mieux adaptées au style de design de la montre qu’elles animeront.

Télécharger les fiches techniques des calibres 5400 et 5401

Les calibres extra-plats et à micro-rotor

Le calibre Seed VMF 5401 est un extra-plat à micro-rotor de 2.6 mm. Ce calibre au potentiel de personnalisation extrême intègre par exemple des collections prestigieuses chez Hermès, Parmigiani et Richard Mille.
La variante Seed VMF 5401/32 offre des lignes et des finitions issues de la pure tradition de Haute Horlogerie. Elle se destine à des modèles classiques haut de gamme.
La variante Seed VMF 5401/33 assume un design contemporain en utilisant les nouvelles technologies de décoration avec la gravure en relief laser combiné avec le squelettage géométrique. La modernité s’exprime également par sa couleur anthracite obtenue grâce à un traitement galvanique.

Comment fonctionne un mouvement mécanique ?

Pour ceux qui l’aurait oublié voici de quoi se rafraîchir la mémoire autour de notre mouvement 5401 en cour de montage et des six étapes de la chaîne cinématique.

Nous illustrons ce cas avec notre mouvement extra-plat automatique avec micro-rotor, Seed VMF 5401

1. Source d’énergie

La rotation du bouton de remontoir ou les mouvements du poignet du porteur fournissent l’énergie nécessaire au fonctionnement de la montre mécanique automatique.

Masse automatique

2. Accumulateur d’énergie

Un ressort enroulé dans le barillet stocke l’énergie pour le fonctionnement de la montre mécanique.

Barillet

3.  Comptage, transmission

Un ensemble de rouages amène l’énergie à l’échappement.

Rouage

4.  Distribution

L’échappement transmet l’énergie au balancier tout en comptant ses oscillations.

Echappement

5. Régulation

Le balancier et son spiral détermine la précision de la montre mécanique.

Balancier spiral

6.  Affichage

La vitesse de rotation de certaines roues permet d’entrainer les aiguilles au bon rythme.

Cadran de travail

Elaboration d’un mécanisme horloger pour garde-temps. Pourquoi cela ne se fait-il pas en deux temps trois mouvements ?

Qui ne penserait pas que c’est un peu long 4 à 6 ans pour réaliser un mécanisme qui ne sert même pas à aller sur Lune ?

Et pourtant…Construire un nouveau mouvement est un long processus qui peut durer quelques années. Pour Vaucher Manufacture, il s’agit d’élaborer un nouveau mécanisme, de s’assurer de son bon fonctionnement puis d’organiser sa construction, son entretien et sa pérennité, le tout sans perdre de vue l’aspect essentiel des plus-values des décorations apportées par le travail manuel. Nos mouvements allient donc les deux choses : d’un côté un produit conçu et réalisé de manière industrielle, fiable et précis et d’un autre une finition exclusive faite à la main. A cela s’ajoute la possibilité d’adapter, de personnaliser le mouvement en changeant la forme des ponts, l’aspect des surfaces, voire les matériaux utilisés.

Le cahier des charges

Vous êtes le client et vous avez les idées claires. Cela n’est peut-être pas suffisant. Si l’étape qui consiste à déterminer le cahier des charges du mouvement à développer sera sans doute fluide comme de définir les critères de bases :

  • les dimensions extérieures,
  • les indications et les fonctions du mouvement,
  • la réserve de marche
  • les possibilités de finition et
  • celles de personnalisation et le prix de revient.

d’autres seront à surveiller, à réévaluer et à redéfinir régulièrement pendant l’élaboration du nouveau calibre.

Pour développer un mouvement, il faut être patient

Les gens du métiers savent que si l’on souhaite lancer un nouveau produit avec un mouvement développé exclusivement dans cette perspective, il faut s’y prendre tôt car le développement seul peut durer jusqu’à deux ans. Se référant au cahier des charges, le chef de projet va esquisser le mouvement en deux dimensions sur l’écran de l’ordinateur. Il peut aussi s’aider en dessinant certaines parties des mécanismes au crayon. S’appuyant sur ses connaissances, dialoguant avec ses collègues et se renseignant, il va ainsi avancer. Puis c’est en trois dimensions que le mouvement prend forme sur l’écran. Il s’agit alors de mettre en place les rouages, régler les partagements, imaginer les ébats de hauteurs comme les latéraux et se soucier des possibles collisions. Pour des mécanismes nouveaux, des dispositions innovantes, il va réaliser des maquettes en plexiglas avec une découpeuse laser. Ce qui lui permet de vérifier la bonne disposition et l’efficacité de ces innovations en visualisant les mouvements, les rotations, la forme des dentures et celle des composants. Ces maquettes peuvent aussi servir à séduire nos clients en leur expliquant les nouveaux dispositifs qui pourront équiper leurs montres. Le chef de projet échange régulièrement avec ses collègues, comme avec les personnes en charge de l’industrialisation car l’aspect fabrication des composants doit déjà être pris en compte. Une fois la modélisation achevée en trois dimensions, chaque pièce est dessinée séparément, cotée précisément avec la mention des tolérances de réalisation comme d’ajustement. Ce long processus d’élaboration d’un mouvement dure entre une et deux années et demie.

Prototypie, vers la concrétisation

Le mouvement existe en trois dimensions sur l’écran de l’ordinateur, des maquettes ont permis de vérifier certains fonctionnements dans la théorie, reste la phase de prototypie. Il s’agit donc de lancer la production des composants en petite quantité, de déjà vérifier la possible fabrication avec la cellule d’industrialisation. C’est en confiant  la construction aux horlogers analystes et prototypistes que les spécialistes pourront vérifier s’il correspond aux attentes. Il s’agit de suivre la fabrication des composants, de les assembler, de vérifier le fonctionnement de l’ensemble. Alors nous pourrons juger des jeux, tenir compte de l’inertie des pièces en mouvement. Il faut être attentif à sa précision, à sa réserve de marche, à l’efficacité du remontage automatique comme à sa solidité et à sa durabilité. Ainsi les prototypes sont torturés méthodiquement dans notre laboratoire, ils endurent des champs magnétiques, des chocs ; ils sont agités, brassés dans des machines pour vérifier s’ils se remontent et s’ils restent peu sensibles à des perturbations. Avec d’autres machines, les personnes du laboratoire vont mesurer l’arrachement des axes sur les roues, la constance des frottements, la stabilité de la lubrification. Une caméra, ultra-rapide, va leur permettre de voir comment se déroulent des opérations d’une durée de moins d’un dixième de seconde. Toutes ces opérations de tests internes, parfois externes, vont aider à la mise au point, aux phases de validation du nouveau mouvement. Ici s’arrête après 3 à 4 années le travail du chef de projet.

Du prototype au produit

Dans ces opérations, réside la grande différence entre un produit industriel et un objet artisanal.Après validation des prototypes, nous allons organiser la production du mouvement. Il nous faut opter pour des solutions rationnelles de réalisation, de terminaison, définir les tolérances. Il s’agit de penser la succession des opérations de fabrication, de finition et de décoration manuelle de chaque composant, de les définir précisément et de les retranscrire sur des plans d’exécution. Les responsables d’atelier doivent s’assurer de l’adéquation des compétences des personnes dévolues à la réalisation des pièces, des mouvements avec les exigences de qualité que nous avons posées. Puis les instructions de réalisation des composants, comme celles de montage de l’ensemble doivent être pensées et rédigées. Il faut aussi prévoir l’outillage nécessaire, le construire ici ou le faire construire à l’extérieur, mettre en place les protocoles de contrôle et prévoir un suivi pour l’après-vente. Il faut encore garantir l’approvisionnement des matières brutes, des outils, affecter des machines et des ressources humaines pour la possible réalisation de ce nouveau mouvement. Là aussi c’est un espace de 1 à 2 années qu’il faut prévoir pour cela.

Développement exclusif ou personnalisation, deux solutions pour des mouvements entièrement personnalisé

Certaines étapes de ces processus ont lieu presque conjointement, les échanges sont fréquents. Cela permet de maintenir les délais raisonnables d’élaboration des mouvements à un espace compris entre 3 et 5 ans de travail, en fonction de la complexité des mécanismes à concevoir. Pour les horlogers un peu plus pressés, Vaucher Manufacture Fleurier propose ses propres calibres qui sont entièrement personnalisables jusqu’à restituer un mouvement propre à l’ADN de la marque. Pensez-y.