Mouvement horloger : le tourbillon…E pur si muove! Et pourtant elle tourne !

Histoire d’un nom, le tourbillon

Au 18e siècle, le bien nommé «siècles des Lumières », plusieurs savants s’intéressent à l’astronomie. Ils comprennent l’organisation rigoureuse des astres. Les mouvements des planètes, des étoiles comme la rotation de la terre sont ainsi déterminés précisément. Ces cycles, une fois connus, apparaissent comme constants, d’une rigueur mathématique. On est bien loin de la phrase marmonnée par Galilée lors de sa rétraction publique en 1633 ! Ainsi, lorsqu’Abraham-Louis Breguet dépose le brevet d’un mécanisme horloger améliorant la tenue de l’heure, il s’autorise à le baptiser du nom de « tourbillon », se référant à la rigueur, à la précision des mouvements sidéraux. Présenté en 1801, ce dispositif a été réalisé en toute petite quantité avant d’équiper plusieurs montres à partir du milieu du 19e siècle. A la fin de la crise horlogère, vers 1990, en migrant de la montre de poche à la montre bracelet, le tourbillon a commencé à susciter un bel engouement pour les amateurs de pièces d’exception. Et la terre qui tourne sur elle-même ? Cette théorie de Galilée n’a été prouvée par le pendule de Foucault qu’en 1851.

Une complication horlogère pour contrer la gravité

Les progrès techniques du 18e siècle ont permis aux horlogers de comprendre l’influence perturbatrice de la gravité sur la précision des montres. Effectivement aux différentes positions verticales de la montre, correspondent des écarts de marche. Et là pas de solution simple ou compliquée, pas possible d’échapper à la gravité, cette gravité essentielle qui nous fait garder les pieds sur terre. Le génie de Breguet a été de brouiller les pistes. Face à ces différences de marche dues à la gravité, son idée a été de faire tourner le balancier et l’échappement dans le plan vertical pour lisser la marche de la montre. Il ne s’agit donc pas de corriger mais de lisser l’influence de la gravité par un brassage continuel des positions verticales.

Tourbillon automatique Seed VMF 3024

Deux types de construction horlogère

Construire un tourbillon, c’est toujours faire preuve d’audace, c’est chercher un équilibre subtil entre efficacité et esthétisme. Sa construction se fait de deux manières différentes, soit la construction classique soit le tourbillon volant a) La construction classique: l’ensemble balancier-spiral, échappement est placé dans une cage qui pivote entre deux ponts. Cette cage remplace le mobile des secondes. Un pignon solidaire de la cage engrène avec le mobile intermédiaire, lui-même entrainé par la

roue de moyenne. La rotation de la cage entraîne la roue d’échappement, placée dans la cage, car son pignon travaille avec une roue fixée sur la platine. La force venant du barillet entraine donc la roue d’échappement via la rotation de la cage. Grâce à l’échappement et au rythme donné par le balancier-spiral, la cage effectue une rotation par minute. b) Le tourbillon volant: la cage est maintenue par un roulement à billes. Elle porte sur sa périphérie une denture qui engrène avec la roue de moyenne. La rotation de la cage entraine la roue d’échappement car la partie extérieure du roulement à billes, fixée à la platine, constitue la roue fixe. Quant à la partie intérieure du roulement, elle est solidaire de la cage. C’est la seule différence de construction, les principes de fonctionnement restant les mêmes. Ce dernier dispositif a l’avantage de mettre encore plus en avant, du côté cadran, le balancier et l’échappement tournant très librement dans l’espace, d’où son nom de tourbillon volant.

Finalité et évolution : accroître la précision de la montre

Le but premier du tourbillon est d’accroître la précision de la montre. Historiquement, cela s’est avéré efficace avec les montres de poche. Les progrès considérables des techniques de fabrication avec l’arrivée des CNC, avec les avancées de la métallurgie ont rendu caduques les astuces de nos anciens, les recettes de trempe et autres subtilités du même genre. Restent les tours de mains, la longue patience de l’horloger à l’établi et les compétences requises pour maitriser aujourd’hui comme hier le montage d’une cage et l’ajustement de la précision de la marche. Avec la réalisation des tourbillon-bracelets, c’est beaucoup plus l’aspect de maîtrise des techniques, la mise en scène sur le cadran de ce dispositif fascinant qui est recherché. D’autant que la montre bracelet, très mobile au poignet, relativise beaucoup l’apport chronométrique du tourbillon. La volonté de construire des mécanismes inédits s’est matérialisée dans des tourbillons volants, des cages tournant autour de plusieurs axes et d’autres démonstrations de maitrise. Les progrès technologiques étayent ici la farouche volonté des créateurs horlogers pour la réalisation de pièces d’exception.

Le tourbillon chez Vaucher Manufacture Fleurier

Vaucher Manufacture Fleurier, active depuis plus de 15 ans, pratique l’art délicat du mouvement tourbillon soigné. Loin des mécanismes délicats et fragiles, nos tourbillons sont fiables. Ce sont des mouvements d’aujourd’hui, capables de supporter beaucoup de choses au bras de leur porteur. Ce sont aussi des mouvements de qualité, réalisés et terminés selon de hauts critères de finition. Nous réalisons soit des calibres réservés à nos clients prestigieux, soit des mouvements de notre gamme accessibles à tous. Le Seed VMF 3024, par exemple, allie le remontage automatique à une cage volante ; tandis que le Seed VMF 5430, calibre extra plat, propose de grandes possibilités de personnalisation.

Tourbillon extra-plat à remontage manuel Seed VMF 5430